Croissance mondiale et protectionnisme à l’ordre du jour du MBA VIP Day

Chaque année, les étudiants et des diplômés MBA et Executive MBA de NEMA Business School sont invités à se réunir autour d’une thématique d’actualité. Cette année, plusieurs spécialistes, professeurs et managers, sont venus présenter leur vision sur le développement de l’économie globale face au protectionnisme grandissant.

Le 2 février dernier, 90 personnes avaient pris rendez-vous sur le campus de Paris de NEOMA BS à l’occasion du VIP Day. Etudiants et diplômés EMBA et MBA étaient présents. Pour cette nouvelle édition, les discussions et interventions de la journée étaient centrées autour de la croissance mondiale et du protectionnisme.

Après un mot d’accueil de Jérôme COUTURIER, DGA Professional Graduate Programmes & Executive Education, Charles WALDMAN, Directeur Académique du Global Executive MBA, est revenu sur les enjeux autour de ces problématiques. « Le protectionnisme se développe de façon impressionnante à travers le monde : 489 nouvelles mesures protectionnistes ont été appliquées à travers le monde en 2017. Parmi lesquelles, 90 aux Etats-Unis. Quotas, augmentation des taxes sur les imports, … Le protectionnisme apporte-t-il plus de mal que de bien ? Les coûts du protectionnisme sont-ils plus importants que ses bénéfices ? En rendant le commerce international plus difficile, est-ce que le protectionnisme le ralentit et, par la même occasion, l’économie mondiale ? » Afin de répondre à ces questions, plusieurs interlocuteurs prestigieux au rayonnement international ont exprimé leur point de vue sur ces problématiques. Arnold MIGAN, fondateur de HUG et alumni du EMBA, rythmait la journée par différents temps de respiration et de convivialité.

Premier intervenant de la journée : Pierre Jacquet, président du Global Développement Network (GDN) et ancien économiste en chef de l’Agence Française de Développement (AFD). Thème principal de son intervention : Est-ce que la globalisation perd du terrain ? « Sur certains aspects on serait tenté de dire oui…Mais, fondamentalement, des forces sont toujours bien présentes : le libre commerce, bien qu’en légère érosion, reste vivace ; les flux d’information mondiaux ne cessent de croître ; des préoccupations communes, telle la supply chain, nécessitent une action globale. Bien que le commerce devienne de plus en plus local et régional, ces champs d’action globaux sont toujours prédominants. »

Un zoom particulier sur les économies américaine et britannique
Dans l’après-midi, Jonathan STORY, professeur émérite en économie politique internationale de l’INSEAD, s’est exprimé sur le Brexit et son impact. « Je crois que nous devons toute cette situation à trois facteurs principaux du côté britannique : L’affaiblissement du parti des travailleurs, une immigration en Grande-Bretagne toujours plus forte et, enfin, la crise économique de 2008. Ajoutez à cela deux conceptions de l’Europe bien opposées : d’une part, la coopération d’états indépendants dans leurs prises de décisions et, d’autre part, la création d’un état supranational qui pourrait décider à la place des gouvernements. Il en résulte une situation inextricable face à laquelle les Anglais sont tentés de couper toute relation contraignante avec l’Europe, pour renforcer leur lien avec le pays de l’oncle Sam, afin de garder leur si chère autonomie politique... »

Afin de conclure cette journée d’échange, Frédéric PIERUCCI, président d’Ikarian, cabinet de conseil spécialisé dans les recommandations aux entreprises pour affronter les défis des lois et réglementations en matière de corruption, protectionnisme, pratiques concurrentielles, … a donné un éclairage particulier sur les pratiques américaines dans ces domaines. A travers son témoignage poignant, celui-ci est revenu sur son expérience passée douloureuse (incarcération en prison de haute sécurité) lorsqu’il travaillait pour Alstom. Victime du protectionnisme américain, hors territoire US, il dénonce aujourd’hui tout un système visant à protéger toute l’économie américaine. « C’est comme cela que nous nous retrouvons pris au piège d’un système à grande échelle, loin de la tentation d’une économie globale. De nombreuses sociétés européennes en sont aujourd’hui les victimes et le département de justice américain a toutes les armes pour exploiter la moindre de vos faiblesses. » Une histoire qu’il a tenu à raconter dans son livre « Le piège américain », publié en janvier 2019.

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