Le fundraising : un nouveau modèle de financement incontournable pour les Grandes Ecoles ?

3 questions à Claudine Benhenou, Directrice Relations Entreprises de NEOMA Business School et Déléguée Générale de la Fondation NEOMA.

75% des Grandes Ecoles françaises disposent aujourd’hui d’une Fondation ou d’un service dédié au Fundraising. Pourquoi ce nouveau modèle de financement devient-il incontournable ?
Avec la disparition des subventions, les Grandes Ecoles françaises sont confrontées à l’impérieuse nécessité de diversifier leurs ressources. En effet, si initialement nos budgets s’articulaient autour des frais de scolarité, des subventions extérieures et de la Taxe d’Apprentissage, nous avons dû déployer de nouveaux modèles de financement, parmi lesquels la collecte de fonds privés ou Fundraising, apparue au début des années 2000.

Quel est selon vous le préalable indispensables à une collecte de fonds réussie ?
Toutes les institutions françaises engagées avec succès dans une démarche de collecte de fonds ont un point commun : un véritable esprit de corps au sein de la communauté des diplômés, associé à un réseau puissant de partenaires entreprises. Je suis convaincue qu’une relation forte Ecole-Donateur est un levier puissant. Pour que notre démarche de fundraising soit efficace, nous devons développer cette relation en prenant en compte qu’il existe autant de motivations que de profils de donateurs. Nous devons donc faire preuve d’empathie et de lucidité afin d’identifier les motivations du potentiel donateur et ensuite décliner un panel de solutions qui répondent à ses attentes (partenariat, mécénat, etc.).
A mon sens, le point de départ d’une stratégie de collecte de fonds privés efficace est donc de mettre en place cette nouvelle forme de relations Ecole-Diplômés et Ecole-Entreprise, qui seront la base solide d’une forte relation Ecole-Donateur.

Les Business Schools nord-américaines ont toujours été très liées avec les entreprises. Où en sommes-nous en France ?
Je crois qu’il s’agit là de la différence majeure avec notre marché national. En effet, jusque récemment, le modèle français défendait plutôt la gratuité des services que les Ecoles pouvaient offrir aux entreprises. Alors que, pour les entreprises nord-américaines, l’intérêt de s’associer financièrement aux institutions académiques pour du recrutement ou de la recherche-action a toujours été évident.
Les mentalités changent et nos Business Schools françaises n’ont jamais été aussi proches des entreprises. Aujourd’hui, les services « Relations Entreprises » se restructurent au sein des Grandes Ecoles et affichent des offres de services solides et pertinentes. En parallèle, les réseaux Alumni ont également resserré les liens avec leurs institutions.
Tout cela me conforte dans la certitude que la relation Ecole-Donateurs potentiels est résolument en train de se redessiner et que ce nouveau schéma servira les enjeux de fundraising de nos Grandes Ecoles.

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